Avec 6 milliards d’euros de bénéfices au premier trimestre, Total figure clairement parmi les grands profiteurs de la guerre en Iran aux côtés des industriels de l’armement. Pourtant, le gouvernement se refuse toujours de bloquer les prix de l’essence. Au-delà de cette mesure immédiate, dans un contexte où l’inflation a atteint +2,4% en mai, l’urgence est à l’augmentation des salaires. On assiste à une accélération du phénomène de SMICardisation d’ampleur du salariat que l’on observe depuis quelques décennies : désormais, 50% des salarié·es gagnent moins de 1,5 SMIC. Cette dégradation est particulièrement marquée dans la Fonction publique à cause du gel permanent du point d’indice (la dernière augmentation date de juillet 2023). La CGT Educ’action revendique dans l’immédiat +400 euros pour toutes et tous, l’augmentation du point d’indice et son indexation sur les prix.
Sur cette question des salaires comme sur d’autres sujets, l’imposture sociale du RN apparaît de plus en plus clairement. Il n’hésite pas à venir en renfort du patronat qui réclame toujours plus d’exonérations de cotisations patronales, qui ont pourtant été fortement généralisées par Macron. En retour, une part croissante du patronat participe à la diffusion des idées d’extrême droite. Bolloré, l’acteur le plus notoire de cette guerre culturelle en France, continue à étendre son emprise par le rachat annoncé d’UGC par Canal+. Mais tout le monde ne baisse pas la tête, on le voit aujourd’hui à travers la tribune anti-Bolloré signée par plus de 3000 professionnel·les du cinéma, tout comme on l’a vu en septembre dernier à travers la grève des salarié·es du Parisien qui a bloqué le rachat du journal par Bolloré.
Seule la lutte pied à pied contre le capital et l’extrême-droite les fera reculer. Dans l’Education, outre les augmentations de salaire, nous avons beaucoup à gagner. La baisse démographique doit se traduire par une baisse des effectifs par classe pour de meilleures conditions de travail et d’étude. C’est dans cette optique que se mobilisent en ce moment les personnels du lycée Prévert de Boulogne-Billancourt contre la fermeture d’une classe, ou encore les parents d’élèves de Nanterre par une journée « école morte » le 5 juin. La précarité doit, elle, être combattue, ce qui passe notamment par un statut pour tous·tes les AESH. C’est un enjeu essentiel pour l’inclusion des élèves en situation de handicap mais ce que propose le gouvernement est loin du compte. L’appel intersyndical à la grève des AESH le 9 juin s’inscrit dans le cadre de cette lutte pour un statut. Enfin, il faut redonner du sens à nos métiers et c’est pour cela que des psyEN du département contestent leur obligation de présence aux commissions d’appel et envisagent des mobilisations. Dès maintenant, construisons la convergence et l’amplification des luttes !


