Une JD52

Journal n°52 (novembre 2020)

Halte au sketch !

Avec ce deuxième confinement et le deuxième déconfinement pas ­pour­ tout­ de­ suite, nous avons la désagréable impression que l’histoire se répète. Nous nous retrouvons de nouveau à devoir attendre les consignes de Macron, décidant seul ou presque de la poursuite ou non des privations de liberté que nous connaissons. Car l’essentiel de la stratégie gouvernementale réside dans ces interdictions et obligations, en multipliant les mesures d’exception qui en perdent justement par là ce caractère et en faisant dire aux statistiques ce qui leur permet de « maintenir la pression » sur cette population d’inconséquent­-es. Et à tous les coups on gagne : quand l’épidémie recule c’est grâce au gouvernement, quand elle progresse c’est à cause des comportements des Français­-es. La ficelle est grosse, et on peut douter que Macron sorte renforcé de cette période. Le gouvernement a d’ailleurs été contraint de reculer à plusieurs reprises récemment. Ainsi, Darmanin a dû affaiblir la portée de l’article 24 du projet de loi sur la « sécurité globale ». Ce texte porte toutefois toujours atteinte à la liberté d’informer, renforce le contrôle sur la population notamment pendant les manifestations et risque de réduire la visibilité des violences policières. C’est bien cohérent avec la politique répressive de Macron.

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Un autre recul auquel a été contraint le gouvernement, c’est celui de Blanquer avec la mise en place des
demi­-groupes dans les lycées. Cette mesure est certes insuffisante, car elle ne concerne que les lycées et qu’elle laisse aux chef­-fes d’établissements la possibilité de ne pas l’appliquer ou de l’appliquer à leur manière, mais cela montre que même Jean­-Michel Blanquer, ministre autoritaire, est obligé de composer avec les personnels pour éteindre le feu. Car la colère était très vive au lendemain des vacances de la Toussaint, à cause notamment de la décision honteuse du ministre de supprimer les deux heures de concertation dans le cadre de l’hommage à Samuel Paty. La réaction du gouvernement à la suite de cet événement tragique est là aussi assez représentative de sa politique, en méprisant l’aspect éducatif et en martelant les « valeurs de la République » pour mieux identifier celles et ceux qui s’écartent du droit chemin. Des élèves ont ainsi été signalé­-es pour apologie du terrorisme et certain­-es même placé­-es en garde en vue.

Avec les révélations concernant le pilotage du syndicat « Avenir Lycéen », si les faits sont avérés, c’est un sale temps pour Blanquer. Il est temps qu’il parte.

Maxime Pouvreau, secrétaire général

Sommaire du n°52

  • Former ou contrôler ?
  • Et l’École dans tout ça ?
  • Se servir de la situation sanitaire pour faire passer la réforme du lycée GT : les manœuvres de Blanquer
  • Une banalisation généralisée
  • La liberté d’expression, une liberté à ne pas modérer

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