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Journal départemental n°71

L’EDITO

Le refrain est toujours le même, on ne s’en étonne même plus : la situation économique de la France est si catastrophique qu’il faut tout faire pour sauver le budget. Et comme chaque année, « tout faire » constitue à tailler dans des services publics déjà dégradés, à rogner sur les aides aux plus précaires avec au passage un appel du pied au RN en proposant un délai de carence pour les aides aux étranger·es… Rien sur les 221 milliards d’aide aux entreprises, rien sur la fraude fiscale, rien sur la taxation des dividendes records ou sur le budget militaire qui lui, ne connaît pas la crise. De l’argent, il y en a, et l’obstination du gouvernement à faire comme si ce n’était pas le cas en devient insultante. Face à l’injustice sociale, les mobilisations ne manquent pas, mais la répression se fait aussi sentir. Ainsi au niveau syndical les cas se sont multipliés depuis la rentrée : suspension pour des camarades engagées dans le 13, procédure bâillon pour deux collègues dénonçant des VSS dans un lycée du 93, pourvoi en cassation de SOS Education après avoir perdu en appel contre un militant du 35, que l’association d’extrême droite poursuit pour diffamation.

Mais c’est bien la répression de la jeunesse qui provoque colère et indignation. Les lycéen·nes qui ont pris à bras le corps la lutte pour des moyens dans l’éducation, contre le tri social de parcoursup et pour des conditions d’étude digne se sont vu opposer la violence des forces de l’ordre. Dans des dizaines de lycée, notamment en Ile-de-France, la police a été appelée pour disperser les blocus et les rassemblements, souvent pacifiques, avec une violence inouïe : lacrymogène, interpellations, tirs… Face aux légitimes revendications d’une jeunesse se sentant abandonnée, surtout dans les quartiers populaires, le gouvernement ne sait répondre que par la force et par le mépris, dénigrant son agentivité, à l’image d’Edouard Geffray qui parle « d’instrumentalisations violentes des jeunes par des groupuscules extérieurs ».

Ce gouvernement, qui appelle à la cohésion nationale en organisant une cérémonie du 11 novembre d’un autre temps, n’a rien d’autre à offrir à une jeunesse engagée. Les personnels de l’Education nationale se sont mobilisé·es au côté de leurs élèves et continueront de le faire et de se battre pour que les adolescent·es puissent se réunir et s’exprimer sans craindre la répression.

Le 29 septembre nous étions nombreux·ses en grève et dans les manifestations et rassemblements. Il nous faut maintenant augmenter le rapport de force et enclencher un mouvement fort et durable. Les enjeux sont cruciaux en cette année d’élection présidentielle où les médias annoncent déjà la candidate du Rassemblement National au deuxième tour. En Europe et dans le monde, l’extrême droite progresse mais l’opposition, elle aussi, se renforce et paie. L’arrivée de l’extrême droite au pouvoir n’est jamais une fatalité, nous devons continuer à lutter contre ses idées racistes et réactionnaires mais aussi mettre en avant le projet de société que nous portons et pour lequel nous continuerons de lutter.

Lo Conche, secrétaire général

LES ARTICLES

Comme à chaque rentrée, l’Education Nationale organise la pénurie et consacre une énergie croissante à tenter d’en gérer les conséquences.

La rentrée 2026 confirme un sous- investissement de l’Etat dans l’éducation. Avec 48 suppressions de postes dans le département, de nouvelles fermetures de classes ont été prononcées à la rentrée, au risque de déstabiliser les équipes et les élèves. L’administration continue de mettre en avant la baisse démographique alors que les effectifs des classes restent parmi les plus élevés de l’OCDE. Les communes les plus défavorisées ne sont d’ailleurs plus protégées des effectifs importants.

Pourtant le gouvernement veut nous faire croire que l’éducation reste sa priorité.

Le remplacement demeure particulièrement préoccupant. Malgré la mobilisation menée l’an dernier contre sa réorganisation, des brigades REP + ont été envoyées dès septembre en dehors de leurs écoles de rattachement, tandis que les absences non remplacées continuent de peser sur les équipes. Nous sommes trop nombreux·ses à accueillir très souvent des élèves « dispatché·es » dans nos classes !

Etonnant non ? Il ne suffirait donc pas de déconstruire des dispositifs qui marchent dans les REP+ pour améliorer le remplacement en souffrance ?

L’inclusion reste également un point noir. Des élèves restent sans l’accompagnement correspondant à leurs besoins. Trop souvent, nous sommes avertis de situations dans lesquelles l’administration fait peser des responsabilités intenables sur les collègues. Il nous faut donc davantage d’AESH, indispensables, avec un véritable statut.

Mais également un renforcement des RASED en soutien des équipes et des places dans les structures spécialisées. Mais la dégradation des conditions de travail, c’est aussi, désormais, une communication ubuesque qui prétend surmonter les conséquences des pénuries par la parole et la mise sous pression des équipes : évaluations d’écoles, évaluations nationales, cérémonie du 11 novembre, zone fraîcheur face aux canicules, questionnaire VSS, jour de carence et 90% face au non remplacement…

Vincent Lasbronias, secrétaire de section de ville de Courbevoie

Depuis plusieurs décennies, l’extrême droite impose ses thématiques dans le débat public, obligeant les un·es et les autres à se positionner dessus. De fait, l’espace médiatique est saturé des thèses chères à l’extrême-droite : l’immigration cause de tous les maux, l’Islam qui menacerait la France, etc. Les arguments qui permettent de démonter leurs fausses vérités et leurs mensonges font souvent long feu et sont inaudibles. On peut le regretter à juste titre mais à un moment on peut aussi retourner l’affaire. Pour nous, l’immigration n’est pas un problème – bien au contraire – alors pourquoi en parler ? Au niveau de l’Union départementale des Hauts de Seine nous avons décidé de prendre le problème à bras le corps et d’affirmer que oui, nous pouvons vivre tous et toutes ensemble ! Car nous le faisons déjà ! Et nous allons continuer à le faire. C’est le sens de notre engagement contre toutes les discriminations. La dernière semaine de mars 2027 l’UD va multiplier les actions : exposition sur la diversité et l’histoire de l’immigration dans les Hauts de Seine, notamment au travers de lutte symbolique comme celle des OS de Citroën en 1982 mais aussi des points d’histoire comme le bidonville de Nanterre, des formations sur les droits étranger·es, des travailleur·euses sans papiers de la lutte conte l’extrême droite. Pour finir par une grande fête de la diversité à Nanterre. Reléguons les discours de l’exrême droite au dernier plan. Ensemble, affirmons notre attachement à la diversité des peuples et des cultures !

Samuel Serre, secrétaire de section lycée Prévert, Boulogne-Billancourt

Depuis la publication des résultats de l’enquête PISA 2025, le ministre de l’Education a multiplié les déclarations visant à trouver les responsables de la nouvelle chute de la France, qui obtient ses plus mauvais résultats depuis la création de l’enquête. Loin de prendre acte de la responsabilité des choix politiques de ces dix dernières années, Édouard Geffray s’est empressé de défendre son camp, assurant que « les élèves évalués sont nés en 2009 et ils n’ont connu quasiment aucune des réformes menées depuis 2017. » Comme si les fermetures de classe, les plus de 10 000 suppressions de postes depuis Blanquer, le manque de moyens et les difficultés de recrutement structurelles, encore renforcées par les politiques d’austérité, n’avaient eu aucun impact sur la réussite scolaire des élèves. On peut notamment rappeler au ministre que la France fait partie des pays où les classes sont les plus chargées de l’OCDE, et que, cette année, ce sont encore près d’un établissement sur deux qui manquent de personnel enseignant à la rentrée. Si le ministre pointe en premier lieu les « réseaux sociaux », le « téléphone portable », le « désinvestissement des parents » pour expliquer ces résultats, cette nouvelle baisse promet d’être à nouveau instrumentalisée pour servir les politiques délétères du gouvernement pour l’école. Alors que l’enquête confirme que la France est l’un des pays de l’OCDE où l’origine sociale a le plus d’impact sur les réussites scolaires des enfants, l’écart entre les 25 % supérieurs de l’échelle du statut socio- économique et les 25 % inférieurs s’étant encore creusé, le ministre en a profité pour torpiller le collège unique, pointé comme le principal responsable, et déclarant qu’« on aurait dû s’interroger plus tôt sur les mesures à prendre pour le collège », et sur l’« autonomie » des établissements. Quant aux moyens, il ne faudrait pas se « focaliser sur la baisse du nombre d’élèves par classe ». Non, le problème, ce serait plutôt la « pédagogie ». Sans surprises, il n’y a une fois de plus rien à attendre du ministère pour résoudre la crise de l’école.

Diane Perrey, secrétaire de section collège Voltaire, Asnières-sur-Seine

Il y a 90 ans, le mouvement social, après des mobilisations historiques, obtenait des avancées majeures dans le monde du travail : conventions collectives, semaine de quarante heures, augmentation de salaires et deux semaines de congés payés. Ces réformes d’ampleur ont été rendues possibles à la fois par la victoire aux élections législatives du Front Populaire, une large coalition de gauche qui obtient la majorité à l’Assemblée Nationale suivie par des grèves massives avec occupation des lieux de travail. Cette séquence politique reste une référence syndicale aujourd’hui et il est admis que c’est l’unité des forces politiques et l’unification syndicale qui a permis d’obtenir des victoires sur les revendications des travailleur·euses. Pour enclencher un mouvement de grève généralisé, massif et durable, il nous faut des syndicats de lutte forts et unis. Pourtant, les débats autour de l’unification syndicale se sont fait de plus en plus hostiles ces dernières années. Le rapprochement avec la FSU, qui nous concerne particulièrement puisque la FSU reste le syndicat majoritaire dans notre secteur, ne fait plus l’unanimité malgré la proximité de nos orientations politiques et de nos revendications. Pour la CGT Educ 92, il est irresponsable, absurde et contre l’intérêt des travailleur·euses, dans la situation actuelle, de se priver de toute réflexion sur l’unification syndicale, une voie à même de nous permettre d’inverser le rapport de force et d’engranger de nouveau des victoires pour notre camp social. Nous contribuerons d’œuvrer pour ce rapprochement à l’échelle de notre département.

Lo Conche, secrétaire général

Du 3 au 10 décembre cette année, nous voterons pour nos représentant·es syndicaux aux instances de l’Éducation nationale. Nous votons tout d’abord pour les comités sociaux d’administration (CSA) académique et départementaux. Ils nous permettent d’avoir les informations que nous vous transmettons (DHG, budgets, ouvertures et fermetures de classes…) mais aussi d’y défendre vos établissements sur ces sujets.

Nous votons aussi pour les commissions administratives paritaires. Tous les corps sont représentés dans leur propre commission. C’est dans ces instances que nous pouvons vous défendre face aux refus de titularisation, de temps partiel, de congé de formation, pour les recours PPCR…

Ces élections sont importantes pour nous, syndicat, puisqu’en plus de déterminer notre capacité à vous défendre en instance, collectivement ou individuellement, elles déterminent nos moyens syndicaux en termes de décharge et donc notre capacité à accompagner les personnels.

A noter que ces élections se feront entièrement en ligne ; pour y participer vous devez vous créer un portail électeur, le lien pour le créer a été envoyé via les adresses académiques. Un code électeur sera ensuite disponible sur votre espace ensap. Nous préparons une note pour aider à voter.

Et pour gagner, nous avons besoin de vous ! Pour voter CGT, pour convaincre vos collègues et les aider à voter, pour participer aux diffusions de tracts de campagne.

Avec le collectif Fonction Publique de la CGT 92, nous participerons de plus à trois déploiements, pour tracter et aller à la rencontre des salarié·es. N’hésitez pas à nous rejoindre ! Nous nous retrouverons également en Conseil syndical (CSD) le premier jour des élections, le jeudi 3 décembre. Nous remercions tous·tes les camarades qui se sont engagé·es à être candidat·es pour la CGT.

Anton Eloy, secrétaire à la vie syndicale

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